Eglise St Matthieu de Perpignan




. Description      . Photos      . Situation et accès      . Histoire


Situation et accès

L'église St Matthieu de Perpignan est l'une des plus centrale de Perpignan. Elle se trouveau au début de la rue Grande la Monnaie, dans le quartier du même nom. C'est à deux pas de l'avenue Foch qui prend son départ place Arago.


Coordonnées GPS : 42.696608 N, 2.892885 E.


De quoi s'agit-il ?

L'église St Matthieu est une construction relativement récente puisqu'elle fut reconstruite, à peu près à l'identique, au XVIIe siècle. C'est un bel édifice avec un plan en croix latine classique et un style ogival, elle a une nef qui comprend cinq travées correspondant à dix chapelles de dévotion. Originellement on y pénétrait par deux portes, le seconde étarnt ouverte sous l'orgue. La clé de voûte du sanctuaire représente une sorte d'ange à tête humaine, symbole de l'évangéliste Matthieu selon une vision de l'Apocalypse. De style baroque avec une coupole, la chapelle des Saintes Epines est probablement postérieure à l'édifice initial. Elle figure sur le plan de Perpignan établi en 1891.

Ce qui marque quand on entre dans cette église c'est le fait qu'elle est moins profonde que les autres, elle est un peu plus ramassée. Sa longue tribune au-dessus de l'entrée y est sans doute pour quelque chose, de même que ces chapelles latérales peu profondes. La chapelle des Ste Epines, à droite de l'entrée, attire tout de suite le regard. De style baroque comme le reste, elle est bien plus ostentatoire que les autres, il faut dire qu'elle est plus grande aussi.

Le retable du maître autel est un modèle, vraiment très réussi. Il faut savoir que c'est dans la première chapelle à droite que se trouve le caveau de Louis Générés, le célèbre sculpteur de retable catalan.


La chapelle des Ste Epines

Note : Ce texte est issu d'une présentation accessible dans l'église.

Nous somme sici dans la chapelle appelée des Baintes Epines car elle dédiée à la relique qui fait l'objet d'une grande dévotion à l'église St Matthieu : Quatre épines de la couronne du Christ, conservées dans un reliquaire, lequel est enfermé dans l'armoire sécurisée situées au centre de l'autel. L'histoire de cette relique et de cette chapelle méritnet notre attention.


Saint-Loule donne quatre épines de la couronne du Christ à son fils Philippe III

En 1239, le rol de France Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis, acquit la couronne du Christ jusque-là détenue par les empereurs d'Orient. C'est pour abriter la couronne du Christ, ainsi que d'autre reliques, que Saint-Louls fit construire la magnifique Sainte-Chapello, à Paris. Aujourd'hui la couronne du Christ, dont les épines ont été dispersées et qui se réduit à une tresse de jonc, est conservée en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

En 1270, Saint Louis remit quatre épines de la couronne à son fils Philippe Il le Hardi; lorsque celui-ci monta sur le trône. En 1285, ce dernier prit la tête d'une croisade lancée par le pape Martin IV contre le roi de Catalogne-Aragon Pere III. Il y fut aidé par le roi de Majorque qui permit aux armées françaises de traverser le Roussillon où elles se conduisirent de manière barbare, notamment à Elne, où elles massacrèrent la population et dévastèrent la ville.


Philippe Ill meurt à Perpignan et lègue les Saintes Épines à l'église Saint-Matthieu

La host continua son chemin et pénétra dans Gérone. Mais, à partir de là, une épidémie s'abattit sur les hommes qu'elle décima littéralement. A Gérone, on attribua cette maladie à une punition du Ciel : les Français ayant profané le tombeau de Saint Narcisse, une nuée d'énormes mouches en sortit; apportant avec elles le fléau épidémique. La maladie toucha également le roi Philippe le Hardi; il put repasser les Pyrénées, mais il était agonisant quand il arriva à Perpignan. Le roi Philippe mourut au Palais des rois de Majorque, léguant à l'église la plus proche, Saint Matthieu le Vieux, située en contrebas du Palais, les quatre épines du Christ données par son père Saint Louis. Cette relique insigne fit, désormais, l'objet d'une dévotion fervente de la part des « Mateuets » (habitants de Saint-Matthieu).


Fondation de la Confrérie des Saintes Épines

Le Concile de Trente (1545 à 1563) donna une vive impulsion aux créations de confréries. C'est ainsi que le 20 avril 1590 fut fondée à Saint-Matthieu la confrérie des Saintes-Epines. Celle-ci s'expliquait par l'augmentation de la population de la paroisse et la vitalité de sa dévotion aux Saintes Épines; elle était également motivée par l'intention de doter des jeunes filles pauvres, leur permettant ainsi de faire un mariage décent.

La Confrérie des Saintes Épines fut agrégée à l'Archiconfrérie de Santa Maria del pianto, à Rome, en février 1610. Célébrant la Passion du Christ, notre Confrérie organisait des processions et des solennités, et participait à la procession de la Sanch, ce qu'elle fait toujours. En 1805, des indulgences furent dispensées par le pape Pie VII à ceux qui visiteraient la chapelle des Saintes Epines.


Une nouvelle église et la chapelle des Ste Epines

Nous avons dit précédemment que l'église St Matthieu était la nouvelle église. Pendant la guerre entre la France et l'Espagne, et le siège de la ville en 1639, les Espagnols qui tenaient la citadelle estimèrent que l'église gênait leurs tirs contre les Français et la démolirent à coups de canon. La construction de la nouvelle église, à laquelle fut accolée la chapelle des Saintes Epines, dura trente-deux ans. La nouvelle église St Matthieu fut bénie le 8 mars 1671.

Nous possédons, en catalan, la relation de la procession solennelle du transfert des reliques de « Sant Matou la Vell » dana la nouvelle église. Parmi les reliques qui y furent transladées; on note "lo taberacle de las Santas-Espinas" (le tabernacle des Saintes Épines).

L'ornement actuel de la Chapelle des Saintes Épines se distingue par un beau Christ du XVIIIe siècle dans le maître autel, auprès d'une Vierge des Douleurs (début XIXe), un tableau d'Antoni Guerra Menor, du XVIIe siècle, représentant l'Immaculée : Conception. Les peintures murales sont de Pauthe (XIXe), illustrant des scènes de la Passion, et le Christ gisant est également une belle ouvre de terre cuite (fin XIXe-début XXe siècle). Enfin, un tableau de 2016, d0 à Emmanuel Bolzoms, est une allégorie du legs des Saintes Épines à l'église Saint-Matthieu.

La chapelle des Saintes Épines a toujours revêtu une importance particulière aux yeux des fidèles du quartier. Depuis la restauration de l'église, en 2017, qui a rendu ses couleurs aux peintures murales, elle suscite également l'admiration des visiteurs occasionnels.

Chaque premier samedi du mois, la Confrérie des Saintes Épines, reformée en 2013, vénère la relique qui nous rappelle la Passion du Christ. Une tradition orale se rattache aux Saintes-Epines de Saint-Matthieu: comme celles d'Andria, en Italie, quand le jour du Vendredi Saint coincide avec le jour de l'Annonciation de la Vierge, le 25 mars, les quatre épines de l'église Saint-Matthieu prennent la couleur du sang. En 2016, de nombreux témoignages sérieux vinrent corroborer cette tradition orale. Comme celles d'Andria, nos Saintes Épines prirent la couleur du sang.

Les personnes qui seraient intéressées par la Confrérie des Saintes-Epines de Saint-Matthleu peuvent se renseigner : Confrérie des Saintes-Epines, Eglise Saint-Matthieu,12 bis, rue Grande-la-Monnale 66000 Perpignan.


Photos


Voir toutes les photos


Histoire

L'église St Matthieu, à Perpignan, a une histoire caractérisée par un déplacement... à coup de canons !

En effet, initialement l'église se trouvait plus haut, elle était dans le prolongement de la rue des Commères, en contrebas des escaliers. Mais son emplacement n'était pas idéal : elle se trouvait en partie sur le glacis qui protégeait la citadelle, ce qui fait qu'en 1639 le roi d'Espagne Philippe IV ordonna sa destruction (à coups de canons !) Elle fut reconstruite sur son emplacement actuel au milieu du XVIIe siècle. Les travaux durèrent 30 ans et le 8 mars 1671 les reliques furent remises dans la nouvelle église, dont la fameuse relique des Saintes-Epines. L'église fut alors consacrée, bien que sa construction ne se soit terminé qu'en 1677. Ces reliques venaient de Philippe III, roi de France mort à Perpignan en 1285. Elles ont été mises dans un reliquaire du XIXe siècle.

Les travaux se poursuivirent par la construction de la sacristie (terminée en 1681), puis se fut le tour du clocher mur, initialement composé de 4 arcs avec une cloche dans chacune d'elle. En 1828 on masqua la voûte par une voûte en plâtre, puis en 1835 on construisit la chapelle du Sacré-Coeur. L'horloge de la façade date de 1842, année du second agrandissement avec la construction de la chapelle de la Vierge. En 1850 la porte fut agrandit (il faut savoir que St Matthieu avait initialement une seconde porte, sous l'orgue, qui fut supprimée en 1872) Enfin en 1883 l'église fut amputée du coin gauche de la façade pour pouvoir agrandir la rue.

De nos jours l'église possède 2 cloches. La plus ancienne date de 1480, elle a été fondue par Nicolas Colin. La seconde est plus récente, elle a été bénie le 28 juillet 1809. En 1829 on a ajouté une troisième cloche dans le campanile, en façade.



Copyright 2013 - 2022 - Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur. Ce site Internet est un site privé, non officiel, issu du travail de compilation des oeuvres de différents auteurs. Sauf mention contraire, les photos sont la propriété du webmaster. Toute utilisation des textes, photos ou autres éléments de ce site internet sont interdits sans accord du webmaster. Pour le contacter, utilisez le lien sur la page crédits. Sources documentaires : cliquez ici. Pour consulter la politique de confidentialité du site veuillez cliquer ici : Politique de confidentialité.

Autres sites Internet du même auteur dans d'autres domaines : Marguerite Duras, Merveilles du monde, Patrimoine rural du 66.