Cette chapelle isolée dans le Conflent est un objectif de balade intéressant. Mais, prise isolément, elle est assez simple. Son origine romane évidente évoque une histoire vieille d’au moins 800 ans.
Ancien village désormais réduit à une chapelle, Llogols fait un bon objectif de balade
Cette chapelle isolée dans le Conflent est un objectif de balade intéressant. Mais, prise isolément, elle est assez simple. Son origine romane évidente évoque une histoire vieille d’au moins 800 ans.
Cette chapelle isolée dans le Conflent est un objectif de balade intéressant. Mais, prise isolément, elle est assez simple. Son origine romane évidente évoque une histoire vieille d’au moins 800 ans.
Llugols est un ancien village qui fut autrefois abandonné, mais qui, grâce à la volonté de personnes désireuses de s’y installer, a fini par renaître. C’est une bonne nouvelle, car cet endroit, bien isolé, méritait de retrouver un peu d’activité.
Il s’agit avant tout d’un ensemble de granges et de lieux de vie rustiques, qui servaient autrefois à nos ancêtres de refuges et d’entrepôts pour le matériel agricole et les récoltes. Peu à peu abandonnés, les bâtiments ont subi les outrages du temps : certains se sont effondrés, mais la plupart tenaient encore debout lorsque certains ont décidé de vivre ici, au moins partiellement. Quelques-unes de ces maisons ont été reconstruites ou réaménagées, et aujourd’hui le hameau revit un peu, surtout durant l’été.
Les paysages autour de Llugols sont typiques du Conflent, avec des forêts peu élevées de chênes-lièges, des arbustes épineux, de la garrigue et une certaine aridité.
Situé sur les hauteurs des collines du Conflent, le site de Llugols est propice à la découverte de vestiges préhistoriques. De nombreux vestiges néolithiques y ont été découverts. Par la suite, les peuples ibéro-ligures n'ont pas laissé de traces, pas plus que leurs successeurs (Romains, Vandales, Wisigoths, Sarrasins).
En réalité, il faut attendre l’ère carolingienne et la conquête du Roussillon par Charlemagne pour que le système féodal soit instauré dans la région. Parallèlement, les grandes abbayes, construites aux IXe, Xe et XIe siècles, essaimèrent de nombreuses églises dans les vallées les plus reculées afin d’attirer les populations sur des sites favorables à la vie quotidienne (quand ce n’était pas pour fédérer des familles déjà éparpillées dans une vallée autour d’un point unique, marquant le début d’un village).
C’est ainsi qu’en 977 apparaît la première mention de Llugols dans un document écrit. L’abbaye Saint-Michel de Cuxa possédait en ce lieu des alleux. Au XIe siècle, une chapelle dédiée à saint Christophe est attestée. De style roman, comme tout ce qui était construit à cette époque, elle est à nef unique sous une voûte légèrement brisée. Son abside est semi-circulaire, voûtée en cul-de-four. Elle dispose d’un clocher-mur et d’un portail méridional en plein cintre. De nos jours, elle possède un intéressant retable daté de 1729 retraçant la vie de saint Christophe, mais au XIVe siècle, on y vénérait un Christ en bois polychrome, aujourd’hui conservé dans l’église paroissiale de Ria.
Autour de cette chapelle, un embryon de village se forma, se développant doucement comme tous les autres villages de la région. Il réapparaît dans un document écrit en 1186, sous la forme du signataire d’un legs fait par Guillaume Bernard de Paracolls et Blanche de Conat : Arnaud de Llugols.
En 1258 fut signé le traité de Corbeil, qui délimita la frontière entre la France et l’Aragon. Jacques Ier le Conquérant, alors roi, sépara par testament son royaume en deux. Tout le Conflent passa sous la coupe de son fils cadet pour être inclus dans le royaume de Majorque. Son frère aîné hérita du royaume d’Aragon, mais n’eut de cesse de lui faire la guerre afin de récupérer ce qu’il estimait être son dû. Ainsi, le Conflent fut le théâtre d’une série de conquêtes qui laissèrent les habitants plus ou moins ruinés.
À partir du XIVe siècle, le Roussillon connut une terrible épidémie de peste, qui tua un grand nombre de personnes. Llugols, tout comme Vallsera (en Capcir) par exemple, fut tellement touché que les familles survivantes partirent s’installer plus loin, dans les villages alentours. Llugols fut partiellement abandonné. On a une idée de sa population au milieu du XVe siècle grâce à des recensements (nommés « fogatges »), qui nous apprennent que le lieu était peuplé de 18 feux, contre seulement 7 le siècle précédent. Rappelons qu’un feu (foyer) comptait en moyenne 4 à 5 personnes.
En 1510, on retrouve la chapelle sous le curieux nom de Sainte Marguerite. On ignore la raison de ce changement, probablement lié à l’abandon progressif du site. Puis Llugols disparaît des textes jusqu’en 1677. Cette année-là, la paroisse de Ria rachète la chapelle. Cet acte anodin était motivé par la volonté de créer un ermitage.
En effet, la fin du XVIIe siècle est marquée par l’essor de l’érémitisme. De nombreux anciens lieux de culte — chapelles castrales, églises rurales — furent réhabilités et réaménagés afin qu’un ermite puisse y vivre. Il faut dire que l’ermite, à cette époque, vivait isolé mais au sein de la société catalane : il était le conseiller de la population locale, qui se tournait vers lui pour chercher réconfort et conseils.
En 1688, l’ermitage de Llugols apparaît sous le nom de Hermita de Sant Christòfol. Il connut différents ermites avant de subir les foudres de la Révolution française. En 1790, les lois anticléricales supprimèrent tous les édifices religieux qui n’étaient pas des paroisses. Llugols fut condamné à fermer, mais put rouvrir quelques années plus tard, lorsque ces lois furent assouplies. Au passage, en 1830, le bâtiment fut restauré extérieurement. En 1889, ce sont les logements de l’ermite qui le furent.
Une dernière restauration eut lieu entre 1977 et 1997. Il faut noter le généreux geste du berger André Moneils, qui fit don de ses terres pour l’entretien de la chapelle.
Llugols se trouve à l'Est de Conat, sur la commune de Ria. Il s'agit d'une ancienne paroisse devenue ermitage. Aujourd'hui, il a été repeuplé par quelques familles, ce qui en fait un hameau bien isolé.
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