Ermitage de Domanova




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Situation et accès

Domanova est un ancien lieu d'habitation situé sur une colline de la vallée de la Têt en entrant dans le Conflent, sur la gauche. A l'arrière de la colline se trouve Joch, à l'avant de Rodès.


Coordonnées GPS : 42.63639 N, 2.55806 E.


De quoi s'agit-il ?

L'ancienne paroisse de Crozes

Le nom de Domanova provient de Doma-Nova, ce qui signifie "la maison neuve". A l'origine un village, Crozes, s'étendait au pied de la colline de Domanova. Un seigneur local fit bâtir un château sur le sommet de cette colline, qui n'était en fait qu'une maison plus solide que les autres et surtout surveillée. C'était elle, la "maison neuve". On y avait adjoint une chapelle.

Durant le Xe et XIe siècle les habitants de Crozes vivaient sous la protection de ce château, dont on a retrouvé une traces écrites dans un document datant de 942. Mais la protection n'était pas assez efficace, aussi a t-il été décidé de construire un deuxième château sur le versant Nord de la vallée de la Têt : le château de Rodès.

Dès qu'il fut fini (en 1080 le château de Rodès était terminé) la population parti pour Rodès, délaissant Domanova qui devint une paroisse fantôme, puisque jusqu'en 1571 elle conserva le titre de paroisse. Le second fils de Raymond II de Canet a porté le nom de Pierre de Domanova.

On retrouve cette chapelle durant cette période à plusieurs reprises : En 1293 sous le nom de Ecclesia Sanctae Mariae, puis en 1329 sous celui de Parrochia Sanctae Mariae de Domanova.


L'ermitage de Domanova

Ainsi délaissée, l'église de Crozes subira en 1580 les invasions des huguenots français. Certains huguenots, poursuivit en France suite au massacre de la St Barthélémy, se sont ligués et ont commis des exactions en Roussillon et Conflent durant quelques années. Domanova sera pillée et sérieusement abîmée à cette occasion, l'ermite sera même assassiné.

Le XVIIe siècle fut celui de l'essor des ermitages. Cette pratique ancestrale (déjà pratiquée au IXe siècle en Catalogne Sud) se développa rapidement. Toutes les anciennes chapelles, qu'elles soient d'origine paroissiales ou castrales, furent réhabilitées. On les modifia et on construisit des bâtiments annexes pour accueillir l'ermite. Ce fut le cas de l'ancienne église de Crozes, qui apparaît sous le vocable de Nova constructio de la capella en 1648, puis de Hermita de Nostre Senyora de Domanova en 1688, ce qui prouve sa réhabilitation. A cette occasion une deuxième nef fut construite, parallèle à la précédente, et le mur Est fut reconstruit pour soutenir le logement.

Les ermites du Roussillon, entre les XVIIe et XVIIIe siècle, n'étaient pas du tout des religieux vivants isolés, ils étaient au contraire des membres de la société civile catalane. Ils étaient physiquement accessibles, et détenaient un bien précieux : le savoir. Ils représentaient la connaissance, le bon sens, et on les respectaient pour ça. Les habitants de la région allaient les rencontrer pour résoudre des problèmes de moralité en particulier.

Mais cette situation ne dura que jusqu'à la révolution française. En 1790 la toute jeune république vota une loi qui déclarait que les biens de l'Eglise étaient des possessions de l'Etat. Ainsi tous les édifices religieux qui n'étaient pas le siège d'une paroisse furent vendus comme biens d'Etat, ce qui était le cas de Domanova. La chapelle fut rachetée par la municipalité de Rodès.

Quelques années plus tard les lois anti-cléricales furent assouplies, les ermitages purent réouvrir au culte. Domanova put le faire dès 1806 où elle apparaît comme une annexe de Rodès. Un nouvel ermite prit place dans la chapelle, un ermite moderne, issu de la dernière génération des ermites. Ils étaient n'étaient pas des religieux mais des laïcs, s'habillaient donc en tenue catalane et plus en bure. Ils poursuivaient leurs rôles de quêteurs mais n'avaient plus l'aura d'autrefois. Dans les années 50 le dernier ermite disparut et cette étrange activité avec.

La chapelle sera restaurée pour la dernière fois en 1996. Pendant l'été elle accueille les personnes désirant faire une retraite religieuse. La chapelle possède de nos jours une collection d'ex-voto peints sur bois (datée du XVIIIe) ainsi qu'un retable fait par Joseph Sunyer, le retable de la Vierge à l'enfant. Citons enfin le fait que Domanova a été la principale source d'inspiration du poète Francis Catala.

Comme la forme de son clocher le prouve, l'ermitage de Domanova avait initialement trois cloches. L'une a disparu pendant la 1ere guerre mondiale, probablement fondue pour en faire des canons. Une seconde a été remplacée récemment : Elle porte le nom de Michel. Quand à la troisième, on ignore ce qui lui est arrivé.


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