De quoi s'agit-il ?
La pêche a modelé l'activité humaine du littoral, ce qui est évident, mais c'est dans le nord des Pyrénées-Orientales qu'elle a eu le plus d'impact. Les pêcheurs de Saint-Laurent-de-la-Salanque se sont progressivement installés en bord de mer, donnant naissance à une nouvelle ville, Le Barcarès. Ils utilisaient des barques traditionnelles et devaient entreposer leur matériel sur place pour éviter la manutention quotidienne. Ils ont donc construit des abris spécifiques à cet usage.
La pêche sur les étangs de Canet et de Salses est pratiquée depuis fort longtemps. Les premières traces de cette activité datent de 1265. Le principal étang exploité était celui de Salses, mais celui de Canet était également utilisé couramment. Plus curieusement, il existait un petit étang à Bages, au sud de Perpignan, qui abritait lui aussi un village de pêcheurs. L’étymologie de Bages nous apprend qu’il s’agissait d’un « point bas », une dépression naturelle : c’était un petit étang aujourd’hui disparu.
Les cabanes de pêcheurs sont aujourd’hui des éléments importants du patrimoine local. Elles sont construites en sanils, des roseaux marins abondants dans les étangs. Les murs forment une pièce rectangulaire d'environ 20 m2 et le toit, également en sanil, monte en pointe. Elles sont presque toujours orientées pour limiter la prise au vent et étaient souvent entourées d’un petit enclos. L’utilisation du sanil est particulièrement judicieuse : matériau disponible, facile à travailler, souple et surtout étanche. Cette étanchéité permet non seulement de se protéger de la pluie, mais aussi de conserver la fraîcheur de la nuit pendant la journée. Plus fraîche, la cabane est également moins sujette aux incendies. Enfin, en plus d’être des lieux de stockage, elles servaient parfois d’habitation et étaient donc équipées de cheminées. Certaines cabanes de l’étang de Canet conservent encore cette particularité.
Les cabanes de pêcheurs de l'étang de Canet
Quelques cabanes de pêcheurs ont été réhabilitées dans la région. Les plus connues sont celles de l'étang de Canet, reconstruites en 1993 après la destruction des 11 anciennes cabanes en tôles ondulées. Un parcours pédestre de deux kilomètres et demi permet de les découvrir : elles se situent entre Canet et Saint-Cyprien. Il faut savoir qu'elles sont encore utilisées aujourd’hui par quelques pêcheurs locaux, notamment en été, ramenant environ quarante tonnes d’anguilles. L’une d’elles sert également d’accueil pour le public.
Les cabanes de pêcheurs de l'étang de Salses
Une autre cabane réhabilitée se trouve à Saint-Hippolyte. Elle a été recréée et est entretenue par une association locale. Il est possible de la visiter : il suffit de prévenir à l’avance, et un bénévole vous expliquera sa conception et ses usages. N’oubliez pas la contribution en fin de visite : l’association demande un petit don pour financer l’entretien et les réparations nécessaires. (Renseignez-vous en mairie pour connaître le nom de l’association.)
Il faut savoir que l’étang de Salses comptait une trentaine de pêcheurs jusque dans les années 1960. Ils habitaient dans des baraques situées au bord de l’eau, un peu plus au nord, à la Sagne del Dévès.