Ermitage St Etienne de Pomers




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Situation et accès

L'ermitage St Etienne de Pomers se trouve sur la commune de Clara, au Sud-Est du village. Il est au sommet d'un pic, comme souvent dans la région.


Coordonnées GPS : 42.579646 N, 2.453683 E.


De quoi s'agit-il ?

Il faut bien distinguer deux édifices à St Etienne de Pomers. Le premier est le château, complètement en ruine, l'autre l'ermitage.

Du château il ne reste aujourd'hui que les soubassements d'une tour carrée, située au sommet d'un roc qui surplombe l'ermitage actuel. C'est peu mais logique au vue de la longue période qui nous sépare de sa construction et le peu de temps durant lequel il fut occupé.

La chapelle, elle, est aujourd'hui reconstruite. Architecturalement, il s'agit d'un édifice à nef unique et haute, couverte d'une voûte en berceau. Son abside est profonde, semi-circulaire. Le toit montre une croix en marbre blanc. Les murs sont percés de deux fenêtres à ébrasement, l'une des deux étant outrepassée suivant le style pré-roman. Ces murs ont été doublé au XIe siècle dans le but d'être suffisament épais pour supporter la voûte, qui fut construite à ce moment là. C'est dans l'épaisseur de ces murs qu'ont été faites les cinq niches que l'on peut encore voir.

La chapelle contient un autel en pierre taillé qui est l'autel d'origine. Il servit un temps de dalle à l'entrée de la chapelle. Elle contient aussi une bibliothèque, situé au dessus du narthex et qui a pris la place d'une tribune aujourd'hui disparue. Le clocher possède une cloche du XIXe siècle.


Etymologie

L'étymologie de St Etienne de Pomers est assez simple, encore faut-il la connaître. St Etienne est évidemment le nom du Saint patron du lieu, et "Pomers" est un dérivé catalan du mot "Pommeraie". On peut donc imaginer qu'il y avait des pommiers dans le coin au IXe siècle.


Histoire

La genèse du lieu

Tout d'abord il faut savoir que le site de Pomers ne se compose pas seulement d'une chapelle. Au fil de son histoire, il y eu ici un château appartenant aux comtes de Cerdagne, qui entrait dans une lignée de château du même type tel celui de Rodès.

L'histoire du lieu commence en fait avant l'ère chrétienne. Situé sur un promontoire rocheux, en bord de ravin, il domine la vallée. C'est tout naturellement qu'il fut choisi pour abriter un temple païen fort ancien et dont nous ne savons rien. L'existence même de ce temple est incertaine, mais bon nombre de lieu de culte du IXe siècle furent construits sur la base de ces anciens temples et il y a fort à parier que St Etienne en fasse partie.

La chapelle qui fut édifiée le fut peu après l'installation des francs en Conflent, qui firent en même temps construire le château. Château et chapelle était indissociable, et la plus ancienne mention de ce château date de 865. Pour l'anecdote, un plaid eu lieu ici cette année là et le document y faisant référence est aujourd'hui le plus ancien document écrit conservé aux archives départementales des Pyrénées-Orientales.

On voit réapparaître le château en 1095 dans le testament de Guillem-Ramon, comte de Cerdagne, qui lègue à son fils aîné, Guillem-Jorda, les comtés de Cerdagne et de Conflent avec leurs châteaux : Rodès et le castrum Sancti Stephani. C'est d'ailleurs la première fois que le Saint est associé à ce lieu. A partir du XIIe siècle le château fut peu à peu abandonné au profit de celui de Joch, devenu siège administratif du comté de Cerdagne depuis l'association du Conflent en tant que vicomté à la Cerdagne.

Commence alors la période religieuse du site. Le château devenu inutile, les bâtiments servirent à une communauté de franciscains venue s'installer ici. On retrouve St Etienne de Pomers dans un document écrit en 1373, puis le 12 mai 1380, et enfin en 1403 sous le nom de Ecclesia Sancti Stephani de Pomeriis.


Apparition de l'ermitage

La fin du XVIIe siècle est marqué par l'essor de l'érémitisme. De nombreux anciens lieux de culte, chapelles castrales, églises rurales, furent réhabilités et réaménagés afin qu'un ermite puisse y vivre. Il faut dire que l'ermite, à cette époque, vivait isolé mais au sein de la société catalane : Il était le conseiller de la population locale, qui se tournait vers lui pour chercher réconfort et conseil. Celui de St Etienne de Pomers apparaît en 1688 sous le nom de Hermita de Sant Esteve de Pomès. Il connaîtra différents ermites avant de subir les affres d'une époque incertaine. Les routes étaient alors dominées par les miquelets, qui avaient tendance à le malmener pour récupérer les dons qui lui avait été fait. Il dû donc abandonner son ermitage au profit de celui de St Martin, à Camélas et c'est ainsi que fut abandonné la chapelle, occupée en continu depuis le IXe siècle. Son abandon ne fut toutefois pas total puisqu'il servit encore parfois, à certaines occasions, pour des pélerinages par exemple.

Par la suite, en 1790 les lois anti-cléricales supprimèrent tous les édifices religieux qui n'étaient pas des paroisses. St Etienne fut condamné à fermer complètement, mais pu rouvrir en 1826 quand ces mêmes lois furent assouplies. En 1855 le logement de l'ermite fut reconstruit, mais le temps fit des ravages, l'édifice se dégrada à nouveau rapidement. Avec la fin des ermites dans la première moitié du XXe siècle, l'édifice fut à nouveau abandonné, ce qui le dégrada encore plus. La toiture du narthex tomba, la chapelle et les lieux de vie s'effondrèrent. En 1970 il ne restait plus que quelques murs et un bout de toit. C'est pourtant ici qu'un nouvel ermite vint s'installer, un jeune moine orthodoxe. C'est lui qui reconstruisit patiemment l'édifice entier, du logement à la chapelle.

De nos jours, l'ermitage est toujours occupé. Si vous vous y rendez, veillez à le respecter.




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