Mine d'Escaro




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Situation et accès

Le site minier d'Escaro et Aytua est un haut lieu de l'extraction minière locale. Pour s'y rendre il suffit d'aller à Escaro, vous ne pouvez pas rater la mine. Mais il n'y a rien de spécial à y voir, juste une montagne artificiellement érodée.


Coordonnées GPS : 42.323343 N, 2.184165 E.


De quoi s'agit-il ?

Escaro est un petit village, mais c'est un haut-lieu de l'extraction minière dans les Pyrénées-Orientales. Il faut dire que le Canigou est une montagne ferreuse, de tout temps on y a pratiqué l'extraction du fer. Les mines d'Escaro faisait partie des principales mines du département, on y trouve de nos jours un musée dédié à cette activité.

L'histoire de l'extraction sur ce site commence très tôt. Nous sommes en 150 ans avant JC et déjà les celtes avaient trouvé comment transformer le fameux minerai en outils, outils que l'on a retrouvé sur ce site ainsi que des pièces de monnaies de cette lointaine époque. Les romains poursuivirent cette activité, qu'ils développèrent pour alimenter leurs forges, puis les catalans, issus des francs du Nord de la France, vinrent s'installer sur ce territoire et exploitèrent à leurs profits les richesses du sous-sol d'Escaro.

L'arrivée au XIXe siècle de l'industrialisation va changer la donne. En effet, c'est au début de ce siècle que furent créés par ordonnance royale quatre mines :

  • Aytua (675 hectares). Elle fut en activité de 1843 à 1962, malgré des interruptions dans l'exploitation, en particulier entre 1930 et 1938.
  • Les Escoums (105 hectares à cheval sur les communes d'Escaro, Nyer et Souanyas), en activité de 1906 à 1962. Aytua et Les Escoums ont fermé en même temps que leur propriétaire, les hauts-fourneaux Prénat.
  • Escaro-Sud (107 hectares), en activité de 1875 à 1954, une propriété des hauts-fourneaux Decazeville, du groupe Holzer). Escaro-Sud était plus sain qu'Escaro Nord, mais le minerai était plus dur à extraire.
  • Escaro-Nord (26 hectares), la plus petite et la plus active des 4 concessions, propriété de la société Denain-Anzin. Elle commence son activité un peu après les autres, en 1883, et sera la dernière à fermer, le 31 janvier 1963. A cette occasion, 91 personnes sont licenciées, dont le directeur, mais la plupart seront repris le temps d'arriver à la retraite par la carrière de spath fluor. Escaro-Nord était difficile à cause de l'humidité constante des galeries. La carrière de fluorite a fermé ses portes en 1993, à l'épuisement du gisement. Le spath fluor est un minerai riche en fluor.
Plan des mines d'Escaro

Ce sont ces mines qui firent les beaux jours d'Escaro et d'Aytua, mais aussi de tous les autres villages à proximité.


Les mineurs

La tenue du mineur était composée d'un casque et d'une lampe à carbure. On commençait sa carrière à 14 ans, jusqu'à 15 on portait les outils aux mineurs, plus âgé on poussait les wagons pleins de minerai jusqu'à la trémie principale (le roulage). Les mineurs étaient des paysans du coin, qui avaient appris le métier sur le tas. Ils savaient tout faire : dynamiter, rouler, boiser, abattre. Un mineur devait abattre sept tonnes de minerai pour obtenir le "prix de régie", mais certains pouvait en faire beaucoup plus. Le travail commençait à 8h précise et se poursuivait jusqu'à 15h45 sans discontinuer, soit 7h45 exactement. Après leur journée de travail, les ouvriers allaient aux champs jusqu'à 9 ou 10 heures du soir, parfois en se levant la nuit pour ne pas rater son tour d'arrosage, en pleine nuit. Ces conditions de vie faisaient qu'il était très difficile pour eux de vivre âgé. Beaucoup étaient atteint de silicose ou d'arthrose.

A Escaro, à l'après-guerre, il y avait 550 habitants, et trois écoles. Au plus fort de l'activité, 420 personnes travaillaient dans les 4 concessions, un peu avant la guerre. Bon nombre était des émigrés italiens, polonais, espagnols, yougoslaves. Les grèves étaient fréquentes, dû aux conditions de vie dure : en particulier en 1906 et 1948.


De nos jours

Aujourd'hui les vestiges des mines sont nombreux. Il y a un musée ouvert depuis le 4 décembre 2003. On y voit des wagonnets, des rails, des locomotives, du petit matériel comme des lampes à carbure, des sabots, des brodequins à clous, des perforateurs, des "bouradou" (tige de bois qui servait à enfoncer les dynamites dans les trous de la roche). Le transport du minerai passait par câble aérien de la mine des Escoumes à l'usine de la Bastide, près d'Olette. Mais une partie était aussi transporté par le train jaune, de Serdinya / Joncet à Villefranche.





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