La gare TGV de Perpignan




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Situation et accès

La gare de TGV de Perpignan se trouve à proximité de l'ancienne gare SNCF, elle est juste de l'autre côté des voies. On y accède par le quartier de St Assiscle.


Coordonnées GPS : 42.69524874 N, 2.879027992 E.


De quoi s'agit-il ?

Quand on parle de TGV à Perpignan, ça fait gentiment sourire... On parle alors de nombreuses choses, mais rien de positifs : Retard de construction, planning décalé, re-décalé, re-re-décalé, compteurs sur le Castillet, etc. Il faut dire que cette arlésienne sait se faire désirer, la faute à un manque de volonté politique à faire aboutir cette voie internationale au profit des voies nationales, Toulouse, Rennes, Nice, etc.


La liaison Paris-Madrid et ses tatonnements

C'est en 2009 que le TGV (Train à Grande Vitesse) est arrivé en gare de Perpignan à grande vitesse. Mais contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer pour une ville se trouvant à une extrémité de la France, il est arrivé à grande vitesse... d'Espagne, pas de france !

En effet Perpignan est sur la ligne Madrid-Barcelone-Montpellier-Lyon-Paris, et au-delà vers le Nord de l'Europe. Mais cette voie, de Madrid à Paris, se construit peu à peu. Côté français elle est à grande vitesse jusqu'à Nîmes, juste avant Montpellier, et redevient à grande vitesse à partir de Perpignan. D'ici à Barcelone, il ne faut que 45 minutes, alors qu'il faut près de 3 fois plus pour rejoindre Montpellier. Une anomalie qui n'est pas prête d'être corrigée puisque les grands plans de développement du TGV français ignore ce tronçon pour privilégier les lignes Est (Paris-Strasbourg), puis Sud-Ouest (Paris-Bordeaux, puis Bordeaux-Toulouse), Sud-Est (Paris-Nice), et Ouest (Paris-Rennes). Mais Montpellier-Barcelone, on n'est pas prêt de voir cette liaison se concrêtiser.

Le tronçon Perpignan-Gérone, vers le Sud, est donc le premier à ouvrir. Il a été inauguré le 17 février 2009, et il aura fallu beaucoup de travaux pour en arriver là. Le total de la ligne fait 45 Kms, dont un tunnel de 8,3 Kms. Il est parsemé de nombreux ouvrages d'art : le viaduc du Réart (180m), entre Toulouges et Ponteilla, le viaduc sur l'A9 (267m), à Ponteilla, celui de la RN9 (144m), à Banyuls-dels-Aspres, celui du Tech (392m), entre Tresserre et Montesquieu, le fameux tunnel du Perthus, puis du côté espagnol les viaducs de Llobregat I et II, avant la Jonquera, les viaducs du Gou puis du Bosqueras à Bosquero, deux faux tunnels à Biure, puis le viaduc du Ricardell et enfin le viaduc du Muga, à Llers, fin de la ligne à grande vitesse. Pour information, un faux tunnel est une tranchée au-dessus de laquelle on construit une voûte avant de remblayer.

Mais en réalité il y a beaucoup plus d'ouvrages d'art, cette liste n'indique que les gros travaux. Au total, rien que de Perpignan à Montesquieu, il y a 39 ouvrages d'art : 4 viaducs ferroviaires, 10 ponts-routes (les voitures sont au-dessus), 10 ponts-rails (les voitures sont au-dessous) et 13 ouvrages hydrauliques.

Par ailleurs il existe deux différences majeures qu'il a fallu traiter entre les chemins de fer espagnols et français. Tout d'abord, l'écartement des rails, supérieur en Espagne (En france, c'est 1m43, en Espagne 1m66), et le sens de déplacement (En Espagne, les trains se déplacent à droite, en France à gauche) Pour le premier problème, l'existence même d'un tronçon international unique résoud le problème, l'écart de voies est identique à celui des TGV français. Pour le second, on a fabriqué à Tresserre un "saut de mouton", un ouvrage permettant d'inverser les 2 voies. Concernant le tunnel du Perthus, c'est un chantier gigantesque qui a été lancé. Pour le réaliser, 200 tonnes d'explosifs ont été nécessaires. Il a fallu extraire 1.4 millions de m3 de gravats pour faire un tunnel bitube (pour raison de sécurité) et ses 41 galeries de communication. Pour les amateurs de chiffres, sachez que le viaduc le plus long est celui du Tech, avec 392m. Il se compose de sept piles octogonales de 18 à 20m de haut, ce qui permet à la voie d'être au-dessus d'une éventuelle crue supérieure à l'Aïguat de 1940.

La section de Perpignan (Le Soler-Toulouges en fait) et Figuères (Llers) est dite "Section internationale". Elle fait 24,6 Kms en France et 19,8 en Espagne et elle est concédée à un opérateur privé, TP Ferro, détenu à égalité de part par Eiffage (français) et ACS (Espagnol).


La gare TGV

Pour accueillir le TGV la ville de Perpignan a mis les moyens en construisant une magnifique gare moderne venant remplacer l'ancienne, devenant doucement obsolète. Cette ancienne gare restera toujours dans le coeur de catalans qui n'oublient pas que son plafond a été peint par Dali, c'est quand même quelques choses, par ici. Mais la nouvelle gare, plus fonctionnelle, était nécessaire.

Elle donne sur le quartier St Assiscle, un quartier sensé être le nouveau poumon économique de la ville. D'ailleurs l'hôtel de l'agglomération s'y est installé, juste en face de la gare, justement. De part et d'autre de l'avenue il y a donc deux bâtiments modernes, la gare TGV étant de loin le plus beau. Car oui, on peut dire que ce bâtiment est une réussite esthétique. Plutôt long et haut, il a une forme rectangulaire et sa façade est magnifiquement colorée de couleurs chaudes, en dégradés. Cette gare est surnommée "el centre del mon" (le centre du monde), une appellation traditionnelle que l'on doit à Dali, peintre espagnol ayant fuit le régime dictatorial de Franco, installé en France à Perpignan, et qui faisait partir ses oeuvres dans toutes l'Europe à partir de la gare de Perpignan, d'où ce trait d'humour qui la qualifie de "centre de tout", "point de départ universel". Quand on demande à un catalan où est le centre du monde, vous saurez désormais pourquoi il vous réponds invariablement "à la gare de Perpignan".


La catastrophe économique

Cette description humoristique du nom tout comme la description effectivement du bâtiment ne doit pas faire oublier la principale information concernant cette gare : Elle est un échec retentissant.

En effet, nos dirigeants l'ont conçu comme un nouveau pôle économique de la ville, qui viendrait en plus du centre-ville et du quartier des Dames de France (actuelle FNAC). Des commerces se sont installés dans la gare, attendant le visiteur. Peine perdu, les trains n'arrivant pas à Perpignan à grande vitesse, les touristes n'ont pas envahis le lieu qui est resté vide. Seuls les courants d'air traversent cette longue galerie froide, qui a son charme, mais qui est désespérément déserte. Les boutiques ont rapidement fermées, de la supérette de quartier au magasin de l'USAP, l'équipe sportive locale. L'hôtel peine à remplir ses chambres et ce n'est pas la présence de quelques centaines de personnes travaillant dans le secteur qui a pu dynamiser le quartier. La gare TGV est aujourd'hui un bel édifice, mais vide, froid, hélas.


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