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Castillet




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Situation et accès

Le Castillet se trouve en plein centre-ville, place de la Victoire. Pour s'y rendre rien de plus facile, rendez-vous au centre et longez la Basse, la petite rivière qui traverse le centre-ville. Au bout des quais, le Castillet vous offrira sa grande silhouette de briques rouges.


Coordonnées GPS : 42.7005652500 N, 2.8941723100 E.


De quoi s'agit-il ?

Le Castillet est le nom d'un fortin du centre de Perpignan, l'un des derniers vestiges des remparts médiévaux de la ville. Tout en brique rouge comme l'était la plus grande partie des remparts, c'est de nos jours l'emblème de Perpignan, un symbole de la ville. Il se trouve place de la Victoire, juste au centre urbain de l'actuelle agglomération et représente l'un des monuments les plus connus de Perpignan.

Le Castillet, place de la Victoire.
Le Castillet


Le mot Castillet représente un petit château, il vient de Castille (château) suivi du suffixe -et, un diminutif. Le Castillet est donc le petit château, par opposition au grand château, Palais des rois de Majorque, plus au Sud. Le Castillet est de dimension modeste, c'est un bâtiment lourd, ramassé, d'approximativement 30m de long sur 15 de large et 20 de haut. Malgré ce qu'il semble être vu de l'extérieur, il est essentiellement composé de 3 parties quasiment distinctes toutes distribuées verticalement : La porte Notre-Dame à l'Est, le corps principal au centre et l'extension à l'Ouest. Il a trois niveaux, une terrasse et un campanile au sommet arrondi caractéristique. Cette répartition se retrouve à l'intérieur avec, aux niveaux supérieurs, trois salles reliées par un court couloir. Les deux salles superposées au-dessus de la porte Notre-Dame n'en forment qu'une, très haute de plafont.

Le Castillet date de la fin du XIVe siècle, à l'époque Perpignan était la capitale continentale du royaume de Majorque. Il fut construit pour renforcer les défenses de la ville, très déficientes à l'époque. L'ancienne muraille de la ville avait de graves défauts ne permettant plus la sécurité de la population, il fut alors engagé des travaux de terrassement puis la construction d'une nouvelle enceinte, essentiellement en brique rouge. Cette muraille était percée de plusieurs portes dont une qui ouvrait sur la route Nord, vers le royaume de France.

Plaque et oratoire commémorant l'emplacement de l'église Notre-Dame.
Monument commémorant l'église Notre-Dame

A 500m de là, près de la rivière (le Têt), il y avait une église dédiée à Notre-Dame. C'est en référence à elle que fut baptisée la nouvelle porte de la ville côté Nord. Une plaque gravée est visible à Perpignan à l'emplacement de cette église qui a désormais disparu, elle fut détruite par Louis XIII lors du siège de Perpignan en 1642. La plaque commémorative se trouve sur un mur à 2 pas du parking de la rue Jean-Payra, juste après le pont, sur la droite. La plaque est sur le mur faisant angle avec le parking et la rue adjacente.

La porte Notre-Dame était protégée par un fortin particulièrement grand, c'est lui que l'on nomme le Castillet. Sa couleur rouge est emblématique, mais il faut savoir qu'à l'époque, la brique rouge n'était pas utilisée pour les bâtiments, surtout militaire. C'est un isage qui s'est répandu ultérieurement. Le "cayrou", comme on l'appelle toujours, est un matériau nouveau pour l'époque, et son choix fut une gageure car on ignorait si un système de défense ainsi construit résisterait aux armes de l'époque. L'histoire nous a prouvé que oui, mais ce n'était pas une évidence alors. De nos jours on constate, à Perpignan, que beaucoup de bâtiments sont construits ainsi, y compris la plupart des bâtiments du centre qui datent des XVe et XVIe siècle, pour la majorité. Plus tard, les meurtrières construites par Louis XI furent cernées de granit, faisant comme des tableaux autour d'imaginaires fenêtres. Pour une longueur de 30 mètres et une largeur de 15, le Castillet a une hauteur de 20 mètres au niveau des terrasses. L'épaisseur des murs va de 3,5 mètres en décroissant jusqu'à 2,5 mètres. Au sol la forme du Castillet est ovale côté Ouest et rectangulaire côté Est, la hauteur étant constante. Vers le côté Est la porte Notre-dame fut percée, haute de 5 mètres, composé d'un côté intérieur et un côté extérieur.

La porte Notre-Dame, au Castillet.
La porte Notre-Dame

Le côté extérieur est composé d'un pont-levis enjambant la Basse (qui à cette époque suivait la muraille Nord et rejoignait la Têt beaucoup plus loin), d'une grille glissant verticalement et d'une porte à double battant alors que le côté intérieur est composé d'une herse coulissant verticalement, et d'une porte à double battant. L'ensemble de ces portes et grilles est toujours en place à l'heure actuelle.

L'extérieur du Castillet dispose de nombreuses curiosités. Rien qu'en en faisant le tour on voit que les ouvertures sont quasiment toutes renforcées avec de la pierre de taille. L'entrée principal est côté Sud, à l'intérieur de la ville. Il faut descendre quelques marches pour atteindre le rez-de-chaussée, et ceci marque le fait que de nos jours le sol fini est bien plus haut que ce qu'il était au moment de la construction des remparts. D'ailleurs le niveau initial est visible à deux endroits : Le long de la basse, la petite rivière juste à côté, que l'on voit bien en contrebas, et sur le côté Nord du Castillet où l'on voit l'arrière du rez-de-chaussée à travers une baie vitrée, largement en contrebas aussi. Le bâtiment dispose de plusieurs entrées. La principale, bien sûr, l'actuelle, mais il y en a une aussi sous la porte Notre-Dame, très petite et basse (elle est toujorus fermée), et une autre en hauteur, du côté des quais. C'est évidemment un reliquat de l'époque où le Castillet était intégré dans les remparts de la ville qui étaient sur les quais, là où il y a maintenant la préfecture et les bâtiments du Conseil Général. Cette porte en bois, toujours fermée évidemment, est curieusement isolée, au milieu de nul part. Parmi les autres caractéristiques de la façade il faut citer plusieurs meurtrières dont quelques unes sont... de forme circulaire, curieusement. Sur la face Sud, au-dessus de la porte Nord-Dame il y a une statue... de la Vierge, comme on pouvait s'y attendre. Elle est taillée dans un bloc calcaire, l'artiste lui a donné un style gothique, comme ça se faisait à l'époque. Enfin, pour terminer sur la façade du Castillet, il faut prendre un temps pour admirer les fenêtres. Petites, elles sont renforcées par de la pierre de taille mais surtout elles sont équipées de lourdes grilles métalliques interdisant de quitter le bâtiment par la fenêtre. Et pour cause, le Castillet a servi de prison, un temps.


Visite du Castillet

Le Castillet se visite, bien sûr. Pour une somme très modeste vous pourrez tout à la fois découvrir le bâtiment de l'intérieur et les salles d'exposition qui présentent un échantillon de l'histoire de la Catalogne Nord, de la préhistoire aux années 1960. L'intêret de ce musée est restreint, si on y apprend beaucoup, c'est essentiellement à travers les textes des nombreux panneaux présentés sur les murs et assez peu à travers les objets exposés. On ne vient pas visiter le musée pour parfaire sa connaissance de l'histoire locale mais plutôt pour en avoir un aperçu, et ça dans un espace original.

Au risque de se répéter, signalons que le prix de l'entrée est à un tarif ridiculement bas, si vous visitez Perpignan ne vous privez pas d'entrée dedans, ça ne coûte pas grand chose et la visite intérieure est une vraie curiosité.

La visite est facile, mais il faut quand même monter un escalier en colimaçon sur trois (très hauts) étages. Rien d'insurmontable, surtout si vous vous arrêtez au 2e. Mais vous pouvez, si vous le voulez, monter au campanile (pas si haut que ça, l'escalier n'est pas très long) qui vous offrira une très belle vue sur Perpignan.


Plan en coupe du Castillet
Vieux plan en coupe du Castillet

Le rez-de-chaussée

Le Castillet dispose de plusieurs entrées, mais une seule est l'entrée principale, elle est à l'intérieur de la ville, côté Sud. Assez basse et avec un portail entouré de pierre de taille, il faut descendre quelques marches en y entrant. La salle est assez petite, c'est l'accueil auprès duquel vous pourrez acheter vos billets. Profitez-en, ça coûte vraiment rien. Le personnel est également formé au patrimoine local et saura vous aiguiller pour la suite de la visite. La salle est intéressante pour sa hauteur sous plafond, ses murs de pierre, mais aussi pour abriter une niche qui contient la fameuse flamme du Canigou. La tradition veut que le jour du solstice de Printemps chaque village allume un feu à partir d'un brandon allumé au sommet du Canigou. Cette flamme est allumée à partir de celle-là, au Castillet. C'est un peu la flamme originelle de la St Jean.

De là part un escalier en colimaçon qui vous mènera jusqu'au sommet, si vous le souhaitez. Mais à peine deux trois marches montés que vous voyez deux lourdes portes en bois avec de belles ferrures, portes malheureusement fermées de nos jours. Autrefois ouvertes, elles permettaient d'accéder à deux petites salles indépendantes, l'une contenant une reproduction de la cène grandeur nature (qui est maintenant exposé dans les étages) et l'autre présentant des objets ayant appartenu à Mgr Carsalade du Pont, évêque de Perpignan à la fin du XIXe siècle.

Mais à présent il n'y a rien d'autre à faire que monter au 1er étage.


Le 1er étage

Plan du 1er étage du Castillet
1er étage

Première salle d'exposition du Castillet, la salle principale dans laquelle on arrive est vaste - pour l'intérieur du Castillet, ce qui relativise un peu leur taille - et plutôt belle. Elle a un magnifique plafond fait de belles poutres de bois. Une fenêtre s'ouvre sur l'extérieur et deux portes communiques aux deux autres salles de ce niveau. Les portes sont originales pour leur petitesse. Attention à ne pas se cogner !

La salle d'exposition du premier étage, au Castillet.
La salle d'exposition

La salle principale présente quelques vitrines d'objets racontant l'histoire de Perpignan des temps géologiques à l'époque médiévale.

Les premières pièces exposées sont des moulages d'ossements d'animaux préhistoriques. Il s'agit de vestiges trouvées sur le site du a href="SerratDEnVaquer.php">Serrat d'En Vaquer, une zone géographiquement située au Sud de Perpignan, près du centre commercial. Aujourd'hui cette zone est une ancienne fortification militaire acessible au public car transformée en parc public, mais ça a longtemps été, durant le XXe siècle, un chantier de fouilles archéologique duquel sont sortis bons nombres d'ossements d'animaux préhistoriques. Le fruit de ces trouvailles est en grande partie au museum d'histoire naturelle de Perpignan. C'est à l'époque du pliocène que ces animaux vécurent, et c'est à peu près de cette période que sont apparus les premiers hominidés. (-5,3 à -1,7 millions d'années). Mais ce n'est que beaucoup plus tard, vers le IVe millénaire avant JC qu'il a été possible de trouver de leurs traces. La salle d'exposition présente quelques poteries de nos lointains ancêtres. Il faut savoir qu'à chaque vitrine correspond un panneau explicatif, assez vulgarisateur et peu précis il faut le dire. Mais le but de ce musée n'est pas de donner des détails précis mais plutôt un aperçu de la vie en Catalogne Nord depuis les plus anciens temps.

La même salle présente trois autres vitrines qui permettent de voir divers objets de la vie locale antique, médiévale et souvent religieux. La deuxième salle de l'étage est tout en longueur, parfaitement voutée. Elle montre des objets de la suite de l'histoire, à savoir du XXe siècle. On est là sur des jeux du milieu du siècle, quelques objets militaires aussi. La salle a une porte en bois protégée par une lourde grille, c'est elle qui s'ouvre sur le vide, vers l'extérieur. Les deux salles sont jointes par une porte basse, une autre porte mène à l'escalier en colimaçon. Ce qui les caractérise est leur petite taille et leur impressionnante épaisseur. Elles sont aussi très bien conservées et tout à fait remarquable.

La poursuite de la visite se fait au 2e étage. L'escalier assez court pour y arriver.


Le 2e étage

Plan du 2e étage du Castillet
2e étage

L'arrivée au 2e étage se fait dans une salle rectangulaire aux murs blancs et au plafond de bois fait de lourdes poutres, tout comme celui du 1er étage. Cette salle est quasiment jumellée avec la suivante, qui est de forme ovale. Même mur blanc, même plafond, à peu près même taille. Ces deux salles sont consacrées à des expositions temporaires. Les photos présentées ci-dessous montrent une exposition sur les Bruixes, les sorcières. Très complète, elle présente les sorcières sous énormément d'aspect, aussi bien les sorcières locales de Villefranche-de-Conflent que celles des pays étrangers. On y lit le traitement qui leur était réservé en fonction des périodes, des régions. Et pour les plus petits, il y a même une réplique de la baguette magique d'Hermione, un personnage d'Harry Potter !

La 3e salle montre une scène de la justice au temps médiéval. On y voit deux personnages en train de juger une sorcière, on est donc toujours dans le thème. Attardez-vous sur le volet de la fenêtre : Plus abîmé que les autres, fait d'un bois plus tendre aussi, elle est gravée de multiple noms. L'autre salle, de l'autre côté, montre une représentation de la cène. Elle était exposée autrefois au rez-de-chaussée, mais ce n'est plus le cas maintenant, son emplacement actuel est bien mieux.


Le 3e étage

La bannière des frères prêcheurs
Bannière des Dominicains

Le troisième étage est un peu plus petit. Ce niveau a trois salles, toutes aux murs blancs et au plafond voûté, tout blanc également. La salle centrale présente divers objets retrouvés lors des différentes campagnes de fouilles sur le Castillet. Il y a une sorte de méli-mélo en tout genre, comme des chaussures militaires du XIXe siècle, des pipes du XVIIe, des clés en pagaille, quelques projectiles, etc. On y voit aussi une maquette assez intéressante du Castillet représenté avec les bâtiments accolés telles qu'ils étaient avant leurs destructions. Il y a aussi un plan en coupe du Castillet et, beaucoup plus intéressant, une bannière, celle des Frères prêcheurs Dominicains. Elle a été tissée au XXe siècle. Voici le petit texte qui l'accompagne.

Les dominicains, ordre religieux catholique de frère prêcheurs, ont mené l'Inquisition en Roussillon entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Cette bannière porte la devise de l'ordre pour lequel la quête de la "vérité" tient une place importante, comme il s'en explique aujourd'hui :

"Il y a une composante propre à la prédication dominicaine : un amour têtu pour la vérité. VERITAS est même devenu la devise, presque insolente, que l'on trouve gravée sur les chaires et les cathèdres des Frères prêcheurs. Ce zèle pour la vérité a pu engendrer les images tenaces du dominicain inquisiteur, dogmatique ou polémique. Et il faut admettre que, mal compris, il a pu justifier la violence."

Les deux autres salles sont spéciales. La première, petite, montre l'intérieur d'une cuisine typiquement catalane, dans un ancien mas. C'est une copie d'une cuisine ayant réellement existée, d'ailleurs il y a une maquette du mas de laquelle elle est issue. Il y a un soucis du détail qui impressionne. La dernière salle est une salle de réunion, de présentation, de discussion. Rien n'y est présentée.

La visite du Castillet proprement dite est quasiment terminée. Il reste à monter au campanile en poursuivant l'escalier en colimaçon.


Le campanile

L'escalier se poursuit jusqu'au sommet du campanile, mais il n'est pas très haut, ça se fait facilement. Il y a une petite galerie qui fait le tour et offre une vue à 360° sur tout Perpignan, et c'est là le seul intérêt de monter jusqu'ici. Mais ça vaut vraiment le coup. On y voit très bien la cathédrale, le cinéma le Castillet, l'église des Dominicains, et sur les hauteurs, plein Sud, le palais des rois de Majorque. Face à l'Ouest, les Galeries Lafayette vous font face, avec leurs terrasses ensoleillées. De la haut tout parait calme, c'est un vrai plaisir de monter là-haut.

Le campanile du Castillet
Le campanile

Le campanile a une forme typique, il est arrondi. C'est une forme que l'on retrouve, entre autre, sur le clocher de l'église de Collioure. D'ailleurs pour ce clocher, on parle aussi de campanile.

La visite est alors finie, il ne reste plus qu'à constater que vous avez au-dessus de vous une girouette assez simple et vous pouvez redescendre tout l'escalier.


La Cène

La Cène, une représentation très réaliste
La Cène

La Casa Pairal conserve dans ses réserves diverses pièces liées au décorum de la Semaine Sainte Roussillonnaise et en particulier l'ensemble de bustes d'apôtres et du Christ grandeur nature du XVIIe - début du XVIIIe siècles, en bois polychrome, composant le Monument de la Cène.

Cet ensemble, d'auteur(s) inconnu(s), est l'une des oeuvres religieuse les plus significative et majestueuse de ses collections.

Décors éphémère, il prenait jadis place dans le choeur d'une église ou chapelle et constituait un attrait particulier pour les perpignanais qui parcourraient les lieux sacrés de la ville dans le but d'admirer les "monuments", comme il est encore de coutume aujourd'hui de le faire. Cet ensemble apportait une solennité baroque aux cérémonies de la Semaine Sainte tout en constituant une halte de la traditionnelle procession du Jeudi Saint.

Depuis sa création, l'ensemble sculpté de la Cène a connu bien des vicissitudes et désagréments ayant entrainés de nombreuses dégradations. Mauvaises conditions de stockage, erreurs de manipulation, environnement non contrôlés ont entrainé de multiples désordres souvent comblés ou masqués avec "les moyens du bord". L'oeuvre ne nous a pas délivré tous ses secrets, seule son histoire récente nous est connue. Après avoir été remontée dans la chapelle du nouvel hôpital après 1924, elle fut transférée au Musée de la Casa Pairal en 1966. Là, des artistes locaux la remirent en état. Esposée à diverses reprises dans le hall du Musée elle fût malheureusement soumise à un dégât des eaux qui faillit causer sa perte. Sauvée de justesse, elle trouva sa place dans l'ancien cachot blanc du Castillet durant plusieurs années où une vitrine d'honneur lui fut réservée. Remisée dans les réserves du musée lors de son démontage en 2010, l'équipe scientifique a décidé en 2016 de la proposer à la restauration face à son état de dégradation accentué.

Après le passage du dossier en commission de restauration des Musées de France, l'équipe du musée a donc fait appel au Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales pour réaliser une étude préalable avant restauration. Cette intervention c'est donc centré sur l'étude de l'essence des bois utilisés, un relevé des différents assemblages des 13 bustes, une étude des supports grâce à l'imagerie médicale par scanner, le relevé des principales altérations, l'étude de la polychromie et leur état de conservation avant une intervention de conservation. Ainsi les restaurateurs ont pu procéder au dégagement des polychromies récentes sur les parties visibles des visages et des mains, à la restauration des yeux en verre, la reprise des assemblages, ainsi qu"un nouveau soclage.


En résumé

Voici le texte du flyer qu'édite le monument, pour le faire connaître. Il résume bien ce qu'est le Castillet.


Le Castillet, ancienne porte de la ville, classé Monument historique en 1889, est aujourd'hui l'un des symboles de Perpignan.

Ce "petit château" a été construit à partir de 1368 sous le règne de Pierre IV d'Aragon et fut modifié lors de la première occupation française du Roussillon, avec la construction du donjon et la porte Notre-Dame, qui sera achevée en 1483. Au cours du XVIe siècle Charles Quint renforcera sa défense.

Après la signature du traité des Pyrénées en 1659 le Castillet est reconverti en prison d'Etat par le pouvoir royal français et il le restera jusqu'au milieu du XIXe siècle. Vestiges des anciens remparts de Perpignan les castillet est le témoin de l'ouverture et de l'extension de la ville engagée dès la fin du XIXe siècle. Au début du XXe siècle il fut le siège des archives municipales et de diverses sociétés savantes. Depuis 1963 il accueille le musée la Casa Pairal.

Aujourd'hui il conserve deux symboles catalans forts : La flamme du Canigou et les géants de la ville. (NB. Désormais les géants de la ville se trouvent dans le vestibule de la salle des mariages de la mairie)


La flamme du Canigou

Saviez-vous que le Castillet renferme la flamme du Canigou ? Pour les non-initiés, la flamme du Canigou est celle qui sert à allumer le brasier au sommet du Canigou, le soir de la St Jean. De ce brasier des tisons sont descendus par les différentes vallées pour allumer les feux dans chaque ville et village, où la population se regroupe.

La flamme du Canigou, c'est donc un peu un symbole de la solidarité catalane. Elle se trouve dans une niche de la salle de réception du Castillet, à l'abri derrière une lourde grille. Juste à côté de la grille se trouve une plaque sur laquelle est mentionnée ceci :

Aqui es conserva la flama del Canigo encesa a la torre del Castellet el 21 de juny 1963 per l'àvia de la Casa Pairal, Margarida Mestre - Grando; amb l'adjuda i la presencia de Joan Iglesis i Josep Deloncle.

Pour en savoir plus sur cette tradition, consultez la page sur la St Jean en Catalogne.



Histoire

C'est durant le XIVe siècle que le Castillet fut construit. Durant la deuxième moitié de ce siècle les dirigeants de la ville de Perpignan décidèrent d'accroître le système de défense de la ville pour contrer les nombreuses menaces extérieures. C'était face au Nord que le système précédent était le plus déficient, aussi a t-il été décidé de changer la porte de la ville qui existait déjà à cette époque.

Le 10 août 1368 l'Infant Joan d'Arago, Gouverneur Général du Royaume, écrivit au Comte de Barcelone pour fortifier la ville. Les crédits furent fournis par d'une part un impôt supplémentaire, d'autre part par de l'argent fourni exceptionnellement par le commerce de la ville. Un architecte fut nommé pour construire le nouveau système de défense Nord appelé "Castellet Nostra dona", tout était alors en place pour entreprendre les travaux. Il sera rapidement édifié durant le règne de Pere IV d'Aragon (1319/1336/1387), entre 1367 et 1370, et cela malgré l'importance de l'ouvrage et l'énorme quantité de briques à cuire nécessaires à sa construction.

Un siècle plus tard le Roussillon est passé au main des troupes françaises. La population hostile à ce nouveau pouvoir risquait de se soulever à tout moment, aussi pour pallier à cette éventualité Louis XI fit entreprendre des travaux (de 1478 à 1479) pour à la fois surveiller les environs de la ville et l'intérieur de la ville. Ainsi fut surélevé l'escalier principal qui fut au passage surmonté d'un lanterneau caractéristique. Fait significatif, des meurtrières furent percées, et un observateur attentif pourrait encore constater qu'il en fut plus percées côté ville que côté extérieur. L'architecte italien Bonissi, fixé à Montpellier, réalisa les travaux de la Porte Notre-Dame. Tout cela fut inutile, car par le traité de Narbonne, le 2 septembre 1493, le Roussillon fut cédé par Charles VIII à l'Espagne.


Les gouverneurs du Castillet

La charge de "Gouveneur" du Castillet se maintint depuis sa fondation jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Elle était confiée à des Capitaines issus de la noblesse locale, au service des régimes successifs :

  • Jean d'Albion (1493),
  • Raphaël d'Albion (1506),
  • Jean d'Arce-Çagarriga (1551),
  • Mathias Oller (XVIe siècle),
  • Barthélemy Gener (XVIe siècle),
  • Ferdinand d'Ortaffa (1603),
  • Jérôme de Hérédia (1810),
  • Gaspard de Tord (1616),
  • Gabriel de Llupia (1620),
  • Raymond Xatmar,
  • Gilbert de Joli (1640),
  • Dominique Manalt (1651)

En 1659 fut signé le traité de Pyrénées, attribuant définitivement le Roussillon à la France. Toujours hostile à une quelconque souveraineté de la France, les roussillonnais se révoltèrent, mais l'autorité fut la plus forte. Cette période trouble transforma le Castillet en prison où furent jetés, torturés et assassinés de nombreux opposants. En 1697, le bâtiment fut officiellement déclaré prison d'état. Par dessus ces évènements vinrent les guerres de religion, alimentant en hommes ce sinistre bâtiment. Un siècle plus tard, sa vocation n'avait pas changé, servant toujours à emprisonner les victimes de la révolution française.

En 1888 seule une partie était resté une prison, le reste servait de "Foyer du Soldat", une sorte de cercle de garnison. Il faillit disparaître lors de la démolition des remparts de Perpignan, mais fut sauvé in-extrémis par les Monuments Historiques.


Cartes postales anciennes

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