Valcebollère




. Description      . Photos      . Situation et accès      . Patrimoine      . Histoire

Valcebollère est un petit village cerdan situé au bout de la vallée du même nom. Son urbanisme est composé d'un groupe de maisons centrées autour de trois rues, dont une part en serpentant sur les hauteurs. Les maisons sont assez distantes les unes des autres, ça donne une impression de village aéré, sauf au carrefour principal où les habitations sont accolées. Tout à côté du village il y a quelques champs, preuve de la vocation agricole d'un village si isolé, et la forêt est également assez proche des maisons. Le village est dominé par l'ancienne ardoisière dont on tirait les llauses recouvrant les toits.

La vie sur place semble assez rude, le village est isolé quoi que pas trop éloigné d'Osséjà, Bourg-Madame et surtout de Puigcerda, la principale ville de Cerdagne.


Photos


Voir toutes les photos

Photos



Situation et accès

Valcebollère est un hameau d'Osséja situé au Sud de cette ville, dans la chaîne des Pyrénées. Pour s'y rendre la route est assez simple mais longue, si on considère qu'on part de Perpignan. Il faut suivre la direction de l'Andorre par la Nationale 116, passer Prades, puis monter en Cerdagne jusqu'à Saillagouse. La route se poursuit dans la plaine de Cerdagne jusqu'à Bourg-Madame, il vous faudra la quitter peu avant en direction d'Osséjà, vers le Sud. Une fois à Osséja la route de Valcebollère est indiquée. Comptez bien bon une heure trois quarts pour vous y rendre, c'est assez loin.

Carte des communes

Coordonnées GPS : 42.38739608 N, 2.034790539 E


Patrimoine, curiosités à voir sur place

Le patrimoine de Valcebollère est plus important qu'il n'y paraît pour un aussi petit hameau. On peut citer l'église St Félix, autrefois paroissiale. Cette église, consacrée en 1219, est aujourd'hui désaffectée, son mobilier est déposé à l'église d'Osséja. Le territoire du hameau possède aussi un oratoire, consacré à St Hilaire, et une chapelle isolée, St Barnabé. Elle est indiqué sur les cartes sous le nom de "Capella de Sant Barnabau". Voici ce qui est indiqué à son sujet sur un panneau explicatif, dans le village.

"Il y a bien longtemps une invasion de sauterelles dévastaient les blés de Valcebollère. Les habitants prièrent Saint Barnabé de protéger leurs récoltes et lui construisirent une chapelle. La légende dit que le Saint, touché par leur foi, chassa les sauterelles. Sur les traces de Saint Barnabé, à travers les champs et forêts les Valcebollerencs vous invitent à découvrir la vie des paysans d'autrefois, rythmée par les saisons, le bétail et les cultures. Du village à la chapelle, dans un cadre naturel préservé, vous entendrez encore, si vous tendez l'oreille, résonner les écho des travaux et des jours des hommes de la terre."


Les ardoisières de Valcebollère

Ardoisière

Ardoisière

Cette activité est très ancienne, nous avons des preuves de l'extraction d'ardoises à Valcebollère dès le XIIe siècle. Nul doute que les ardoises que nous voyons sur les toits des églises d'Hix par exemple, bijou d'architecture romane, proviennent d'ici. Mais peu à peu l'extraction fut abandonnée. En 1831, à la création de la commune de Valcebollère, l'activité reprit, ce qui fit que la plupart des maisons de Cerdagne sont recouvertes d'ardoises du village. Dès 1831, chaque habitant du hameau loua une partie du site des ardoisières et se mit à travailler le schiste, rendant ainsi tout le village dépendant de cette activité.

Les conditions de travail étaient particulièrement dures. Les blocs de schistes se détachaient à la morte saison, en hiver, parce qu'ils étaient gorgés d'eau et donc étaient plus faciles à détacher. Ce travail se faisait à la pelle bien sûr, mais il n'était guère rentable : Il fallait retourner 4m carrés de schiste pour faire un mètre carré de toit.


Histoire

Initialement simple hameau, Valcebolère a acquis son autonomie en 1832 avec la proclamation du titre de commune. Malheureusement, elle s'est régulièrement dépeuplée durant les XIXe et XXe siècle pour en arriver à seulement 25 habitants en 1972. Cette année là, Valcebolère fut rattachée à nouveau à Osséja dont elle s'était détachée en 1832. Depuis, le village se repeuple tout doucement.

Ce hameau est essentiellement connu pour ses "ardoises de Cerdagne", qui étaient extraites d'une carrière locale et qui faisaient vivre sur ce site un grand nombre de personnes au XIXe siècle.


La retirada

La retirada, c'est le nom que l'on a donné à l'exode des républicains espagnols en 1939, ils fuyaient le futur régime dictatorial de Franco. C'est un épisode de l'histoire de l'Espagne bien connu dans la région car il a eut de grandes répercutions auprès des catalans du Nord. En effet, de nos jours encore quiconque est implanté dans la région finit par connaître un fils, un petit-fils de réfugié espagnol dont la famille s'est fixée ici, à proximité de la frontière, dans l'espoir de pouvoir retourner rapidement chez eux. Espoir déçu, d'où leurs fixation en France, et plus particulièrement ici.

Au sujet de la retirada, voici un peu plus d'informations : La retirada. Et pour compléter encore un peu plus, voici la transcription du panneau d'information qui a été implanté à Valcebollère :

La IIe république espagnole est proclamée le 14 avril 1931 mais est contestée par la Droite. Après la victoire du Front populaire en février 1936, le jeune République vacille sous un coup d'etat préparé de longue date par quatre généraux Mola, Queipo de Llano, Sanjurjo et Franco, soutenus par le clergé. L'échec de la tentative du putsh est à l'origine du déclenchement de la Guerre civile espagnole.

Les combats entre les Républicains et les rebelles nationalistes sont d'une extrême violence. De 1936 à 1939 la France accueille de très nombreux réfugiés civils qui craignent la vindicte des Nationalistes. Dès août 1936 la France est concernée par un premier exode de femmes, d'enfants et de vieillards suite à la prise du Pays Basque par les putshistes. De juin à octobre 1937 une 2e vague de réfugiés atteint la France et courant 1938 une troisième, liée à l'occupation du Haut Aragon par les Nationalistes. Ces victoires successives mènent inexorablement les Nationalistes à occuper la quasi-totalité de la Péninsule Ibérique.

Le 26 janvier 1939 Barcelone cède sous les bombes de Franco soutenu par les régimes totalitaires allemands et italiens. La chute de la capitale catalane provoque la défaite du camp républicain et le plus grand exode politique du XXe siècle. L'est le Retirada (La retraite)

La défaite finale de la République le 1er avril 1939 débouche sur l'établissement de la dictature franquiste, qui durera jusqu'en 1975.



Copyright 2013 - 2019 - Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur. Ce site Internet est un site privé, non officiel, issu du travail de compilation des oeuvres de différents auteurs. Sauf mention contraire, les photos sont la propriété du webmaster. Toute utilisation des textes, photos ou autres éléments de ce site internet sont interdits sans accord du webmaster. Pour le contacter, utilisez le lien sur la page crédits. Sources documentaires : cliquez ici. Autres sites Internet du même auteur dans d'autres domaines : Marguerite Duras, Merveilles du monde, Patrimoine rural du 66.