Vinça




. Description      . Photos      . Situation et accès      . Patrimoine      . Histoire      . Etymologie      . Héraldique

Vinça est une ville de grande taille des Pyréénes-Orientales, situé entre Prades et Perpignan. Elle est essentiellement connue pour son barrage, dont le lac artificiel inonde l'ancienne vallée qui se trouvait en contrebas de la ville, actuellement de l'autre côté de la Nationale, mais elle regorge d'éléments du patrimoine local plus ou moins important, au point d'en faire une des villes les plus intéressantes du département à ce sujet.


La ville

Tout d'abord il faut savoir que Vinça a une architecture globale assez classique, la ville est composée d'un coeur historique centré sur une église dont la particularité est d'être très grande, preuve de l'importance de la population au XVIIIe siècle, époque de sa construction. Dans le centre historique les rues sont très étroites, longues et longilignes. Le centre dispose d'une place assez grande pour ce lieu. Le centre historique est entouré des anciens remparts dont il ne reste que des bribes, et de façon notable une porte médiévale très intéressante. Au-delà des remparts s'étend la ville moderne, faite de rues plus larges, de petits immeubles et de maisons individuelles à étage. Plus on s'éloigne du centre, plus les maisons sont récentes et plus elles ont un grand jardin. Mais globalement Vinça n'est pas une ville très étendue. Au Nord l'urbanisme est bloqué par la Nationale 116, construite en 1974 sur la nouvelle digue destinée à contenir les eaux du nouveau barrage, la ville ne s'est donc pas développée par-là, et l'ancienne cave coopérative, immense bâtiment de béton, monobloc et disgracieux, forme une sorte de limite à la ville. Par contre c'est vers el Sud, plus calme, que se sont développés les quartiers du Castell d'En Molins, (Ce qui signifie le château de Mr Molins), et du Canigou.

La ville de Vinça, vue de loin
Vinça

Au Sud-Ouest on trouve le hameau de Sahorle, rattaché à Vinça. C'est une ancienne paroisse dont l'église est devenue ermirage au fil du temps, puis centre du nouveau hameau. Enfin citons l'existence à l'Ouest de la ville d'un bras du lac artificiel, seule partie du lac du côté Sud de la Nationale, et qui fait office de base nautique : La plage des Escoumes. C'est une véritable base nautique avec des plages de sable, des restaurants, des aires de jeu et la possibilité de faire du pédalo et du canoé jusque l'autre côté du lac.

D'un point de vue infrastructure la ville possède différents éléments intéressant, dans la base nautique n'est pas le moindre. Il y a une médiatèque, un camping et une aire de passage pour les campings-caristes. La ville possède aussi un office du tourisme, à l'entrée. Et d'un point de vue sécurité il y a une caserne pompiers. Pratique, en cas d'urgence...


La vie sociale et économique de Vinça

Comme beaucoup d'autres villes de la même taille, dans le département, Vinça dispose d'un asez grand nombre d'asociations. La mairie les présente sur son site Internet classées de façon classique : Culturelles, sportives, solidaires ou de loisirs. Les associations culturelles portent essentiellement sur les traditions catalanes. Les solidaires sont destinées à l'aide aux personnages âgées ou vulnérables, sont des associations communautaires (comme celle de l'amicale des sapeurs-pompiers) ou laïques. Les associations de loisirs sont axées sur la catalanité ou le sport, mais d'un point de vue activité de loisir et pas recherche de la performance. Enfin, le gros des associations de Vinça sont des associations sportives, où l'on retrouve les sports les plus classiques : Badmington, basketball, football, rugby, etc, mais aussi des sports plus originaux, ou du moins plus rares (certains arts martiaux, par exemple, ou des sports mécaniques).

Mais bien sûr la vie sociale de Vinça ne se mesure pas seulement par la quantité de ses associations mais aussi par un esprit communautaire. Cet esprit n'est pas propre à cette ville, et en comparant en peu la façon dont interagissent les habitants, on constate que Vinça est une ville où la population se connait bien mais tend à rompre les liens. Dans d'autres villes les habitants se connaissent mieux, mais ici, bien que ce soit encore le cas partiellement, la grosseur de la ville fait que les gens ne se connaissent plus trop. Toutefois ici on sent que les mots "liens sociaux" ont une signification autre que purement politique.

Economiquement la ville est portée par d'une part ses artisans et d'autre part par ses entreprises. De taille modeste, Vinça ne possède pas d'industrie mais seulement des petites sociétés, souvent familiales, mais elle en possède un grand nombre. Il faut dire qu'elle attire la population de tout un bassin de peuplement, certes de taille modeste mais bien réel, aussi elle est le centre économique de cette petite région du bas-Conflent. Les entreprises sont essentiellement dans la construction, le service à la personne et les services aux autres entreprises. LEs artisans sont tout aussi nombreux.

Vinça possède de nombreux commerces, la plupart dans les métiers de bouche. Ils sont concentrés pour la plupart au centre-ville, comme on s'attend à les y voir.




Situation et accès

Vinça se trouve dans la région du Bas-Conflent, c'est l'une des principales villes de la vallée de la Têt. La Nationale 116 qui monte en Andorre passe juste à côté, on ne peut pas la rater, c'est celle qui est à gauche de la route, quand vous êtes au niveau du barrage... de Vinça !

Carte des communes

Coordonnées GPS : 42.64543336 N, 2.527801348 E


Patrimoine, curiosités à voir sur place

Le patrimoine de Vinça est important et très complet. Il se compose essentiellement de bâtiments religieux, dont le principal est l'église.


Eglise de Vinça

L'ancienne église fut reconstruite au XVIIIe siècle, entre 1734 et 1769. son aspect actuel rend compte de son état d'église baroque. A l'origine de cette reconstruction on trouve le testament d'un certain Don Carlos Perpinya y Soléra dans lequel était stipulé que si sa fille venait à mourir sans postérité tous ses biens iraient à l'église. Suivaient les clauses de réalisation du testament. Bien sûr, en 1724 ladite fille décéda sans postérité, et après les inévitables procès la construction de l'église eu lieu. Tous les détails sur la façon dont ont été réalisé les travaux sont expliqués sur le site Internet de Vinça, voyez la page de liens pour plus de renseignements à ce sujet.

Il s'agit d'un édifice religieux construit entre 1734 et 1769, il est inscrit aux monuments historiques. Elle fut construite suivant le style gothique roussillonnais. Son mobilier est très important : Porte avec pentures, boiseries de la sacristie, chaire de 1772, grand orgue 1754. L'église contient aussi 11 retables des XVIIe et XVIIIe siècle, celui du choeur est à baldaquin. La statuaire est aussi importante que les retables : Vierge (XIVe siècle), Pietà (XVe), Mise au Tombeau (XVIe), des toiles des XVIIe et XVIIIe siècle, plus divers petits objets ou pièces de mobilier dans les deux sacristies : statues, reliquaires, toiles, orfèvrerie, etc.


Architecture militaire

La ville possède des restes de remparts et de portes fortifiées. On peut encore voir la porte du Barri (construite en 1245) et celle de Marcevol (1330).


Autre patrimoine

Le village est à lui seul intéressant. De nombreuses maisons sont anciennes, en particulier du XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle. Il comporte aussi cinq fontaines à travers les rues, et son cimetière possède cinq croix en pierre des XVe et XVIIe siècle inscrites aux monuments historiques.

Dans la ville on trouve aussi le couvent du Carmel (celui des Carmes déchaussés), l'ancien couvent des capucins, contenant encore deux tabernacles du XVIIIe, six oratoires et la chapelle St Sébastien de l'ancien hôpital (XVIe siècle, elle contient un retable de St Sébastien, une Vierge du XIIIe siècle, une autre Vierge du XVIIIe, un Christ du XVIIe, un bas-relief en bois du XVIIe)


L'orgue de l'église

L'église de Vinça héberge une pièce magnifique qui mérite le déplacement : l'orgue. Il fut construit par Cavallié-Coll, mais son état a demandé une restauration faite assez récemment. De nos jours des concerts sont organisés dans l'église pour pouvoir profiter de l'acoustique parfaite de cet instrument dans cet église.


Sahorle

La chapelle de Sahorle
La chapelle de Sahorle

Sahorle et Belloch sont deux hameaux, aujourd'hui de simples chapelles, située sur le territoire de Vinça (en fait, Belloch est à cheval entre Vinça et Rodès).

Sahorle est connue pour avoir été un ancien village centré sur une chapelle. Avec le temps le village a été abandonné, mais la chapelle est restée debout, entretenue et utilisée. Elle fut transformé peu à peu en ermitage et c'est grace à ça qu'elle est toujours visible de nos jours. L'ancien village fut englobé dans l'agglomération grandissante de sa voisine Vinça.

En savoir plus sur l'ermitage de Sahorle.


Belloch

La chapelle de Belloch
La chapelle de Belloch

Belloch est aussi le siège d'un ancien village qui est attesté dans les documents en 942, pour la première fois. La chapelle est dédiée à St Pierre, elle est à nef unique, rectangulaire. Elle a une abside semi-circulaire, un clocher à arc unique, au-dessus de la façade occidentale. A l'intérieur, on peut admirer une voûte en berceau brisé. A noter la qualité de l'environnement dans laquelle elle se trouve, le paysage est vraimenet joli.

En savoir plus sur la chapelle de Belloch.


Le Barrage de Vinça

Le barrage de Vinça
Le barrage de Vinça

Vinça est surtout connu pour son barrage construit sur la Têt, le plus long fleuve côtier du département. Il fut construit en 1976 dans le but d'écrêter les crues de la Têt et alimenter le canal d'irrigation de Corbère.

Il mesure 55 mètres de haut, 191 mètres de large et a nécessité 142 000 tonnes de béton. Le barrage de Vinça à une capacité de rétention d'eau de 25 millions de mètres cubes. Si le barrage ne se visite pas, on peut toutefois le traverser et le détailler de près, mais aussi se rendre de l'autre côté pour prendre les sentiers qui mène au vieux pont romain de Rodès.

Le barrage de Vinça n'est pas le plus important du département des Pyrénées-Orientales comme on le croit souvent, c'est celui de Caramany, sur l'Agly, qui a un lac artificiel plus grand encore.

En savoir plus sur le barrage de Vinça.


Histoire

Le site de Vinça, dans la vallée de la Têt, ne nous a pas livré de vestiges de l'époque antérieure à l'ère carolingienne. Les dolmens et menhirs de la civilisation mégalithique ont été érigé plus en altitude, dans les Albères ou en Conflent. Les ibéro-ligures, les romains, les wisigoths et les sarrasins n'ont pas laissé plus de traces. En fait la première mention du village date de 950 dans un document donnant l'emplacement de son église.

La ville de Vinça était au Moyen-âge une importante ville du Conflent, passé sous le contrôle aragonais en 1172 comme le reste de la région. Il existe des preuves de l'existence d'une château dès le IXe siècle, et c'est probablement là l'origine du village : le château a fédéré les habitants de la région de façon a pouvoir être protégé en cas d'attaque.

Le roi d'Aragon Sanche lui accorda les mêmes droits et privilèges que sa jumelle Villefranche. En 1245, alors sous contrôle de Jacques le Conquérant, la ville fut fortifiée. Il ne reste pas de nos jours de traces évidentes de ces fortifications, qui furent démolies au fil des années.

La guerre de 1344-1374 laissa de nombreuses traces dans la ville. En 1344 Jacques III de Majorque, maître du Roussillon, du Conflent et de la Cerdagne (ces trois régions étaient incluses dans le royaume de Majorque) se fait ravir son royaume par Pierre IV d'Aragon son rival. Le Conflent est alors remis sous gouvernement aragonais. Mais sans abdiquer pour autant, Jacques III remonte une armée et traverse le Conflent, tentant de renverser les villes perdues. Il faut dire que Vinça, tout comme les autres villages, étaient en faveur de Jacques III qui les années auparavant leur avait laissé une grande liberté. La ville s'ouvrit donc à son ancien roi en 1347, mais ce fut de courte durée : Défait à nouveau, les troupes de Pierre IV d'Aragon pénétrèrent en ville. La population, effrayée, s'enfuit en traversant la Têt mais celle ci, gonflée par les eaux d'un violent orage, emporta une bonne partie des habitants. Ce fut un désastre qui marqua une baisse considérable dans le nombre de feux de la ville.

En 1377 un autre évènement survint. L'infant Jacques, prétendant à la couronne d'Aragon monte une expédition contre le Roussillon et remonte la vallée de la Têt. Là encore Vinça accueille à bras ouvert ce nouveau conquérant, la population laissant tomber la faible garnison du roi d'Aragon présente dans les enceintes. Mais l'insurrection fut de courte durée également et Bernard de So, comte de Conat et le plus puissant des seigneurs locaux eu pour charge de punir cette ville deux fois rebelles. Vinça dû fournir la réparation des remparts de la ville et un canon chargé avec des pierres d'un demi-quintal. Le jeudi 10 décembre 1377 le consul de Vinça Ravayre se présenta devant le vicomte d'Evol à Villefranche. Il reçu l'ordre de se procurer d'ici Noël ce canon. Vu que le délai était insuffisant, le capitaine général du Conflent accepta de le prolonger jusqu'au 7 janvier 1378.

Le consul prit aussitôt contact avec un maître de Villefranche et il passa commande pour le prix de 60 florins, dont 10 en acompte. Voici le détail.

  • 4 sous pour une pièce de bois dans laquelle est enchâssé le canon.
  • 4 sous pour équarrir la dite pièce.
  • 5 sous pour enchâsser le canon.
  • 8 sous pour les carreaux en bois du socle.
  • 5 sous 9 deniers pour des clous et la fixation des bandes métalliques autour des carreaux.
  • 5 sous pour la confection de 2 pierres 1/2 quintal.
  • 4 sous pour le livreur du canon.
  • 2 sous 7 deniers pour le repas offert par le consul au "maître du canon".

En 1484 le Prieuré de Marcevol fut sécularisé. Abandonné de ses moines, il fut donné à la communauté de prêtres de Vinça. En 1582 les Carmélites vinrent s'installer à Vinça, il s'agissait d'un couvent de Carmélites déchaussés. Ce couvent est toujours en activité de nos jours. Sept ans plus tard, se sont les capucins qui vinrent s'installer à Vinça. Mais eux ne sont plus sur place.


Etymologie

Vinça vient de la "Villa Vinciani", le nom du domaine rural exploité par le romain Vinciani après que Rome eut envahi le Roussillon.


Héraldique

Description du blason de Vinça

Expression héraldique

d'azur aux trois fleurs de lys d' or, mal ordonnées, la première surmontée d'une couronne du même, accostée de deux lettres V et I capitales d' argent, les deux de la pointe accompagnées de deux lettres N et C capitales du même et soutenues d'une lettre A capitale aussi d'argent.

Description

Ce blason est plus complexe qu'il n'y parait. Pour le comprendre, il faut détailler l'expression héraldique d'un bout à l'autre. Tout d'abord il faut savoir que si un blason n'est pas scindé, sa description commence par sa couleur. C'est ce qui est fait ici avec les mot "d'azur...". Les trois fleurs de lys sont "d'or", c'est à dire jaune, elles sont "mal ordonnées", c'est à dire en triangle, comme sur le schéma. La première fleur de lys, la plus haute, est surmontée d'une couronne "du même". Ces deux mots sont utilisés pour indiques qu'elle est de la même couleur que ce qui a été dit juste avant, c'est à dire le jaune des fleurs de lys. Elle est également "accostée" de deux lettres, c'est à dire que les deux lettres V et I sont de part et d'autre de la fleur. Ces lettres sont "d'argent", c'est à dire blanche. Les autres lettres sont "en pointe", c'est à dire à la base de blason, elles sont "de même" (donc en argent aussi).

Explications

Sur le blason de Vinça, les trois fleurs de lys rappellent l'appartenance de la ville à la royauté française. La couleur bleue a exactement le même rôle.



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