Via Domitia




. Description      . Photos      . Situation et accès      . Voir aussi


Situation et accès

La Via Domitia est une route romaine traversant la plaine du Roussillon. Elle apparait dans l'actuel département des Pyrénées-Orientales dans les Corbières, le long de l'étang de Salses, passe à Salses, St Hippolyte, près de Bompas, arrive à la capitale celte Ruscino et poursuit vers Elne, Le Boulou, Le Perthus où elle quitte le département vers l'Espagne en passant par le col de Panissars.

On trouve des traces de cette route par endroit, le lieu le plus connu étant à Panissars, au-dessus du Perthus.


Coordonnées GPS : 42.47953064 N, 2.843871666 E.


De quoi s'agit-il ?

La Via Domitia est une voie d'accès créé sous l'empire romain, par Dominus Ahenobarbus pour relier Beaucaire dans le Gard au Perthus, traversant le Languedoc, le passage étroit entre les étangs marécageux et les Corbières, le Roussillon, et enfin les Albères. D'ailleurs pour passer les Pyrénées cette voie se séparait en deux. Une partie orientale passait par la côte et le village de Portus Vénéris (Port-Vendres) et l'autre passait par le col du Perthus, via le village de Clusa. Dès l'invasion romaine, cette voie s'est montrée nécessaire pour relier rapidement les provinces de l'Espagne à Rome.

L'Etalonnage

Cette voie était divisée en étapes matérialisées par une borne nommée "Milliaire" (un mille romain équivaut à 1481 mètres et une fraction actuellement). Certaines de ces bornes symboliques ont servi d'étapes de voyage tout comme nos modernes aires d'autoroutes, il y avait alors une villa romaine dotée de fourrage et de chambres pour les voyageurs. Le trafic allant croissant au fil des âges, d'autres villas se greffèrent autours de l'étape et c'est ainsi que se sont montés certains villages dans le Roussillon : Saint Hippolyte, Saint-Laurent de la Salanque, Salses, etc.

Les "bornes milliaires" sont des monolithes d'environs 2 mètres de haut gravés du nom de l'empereur qui l'a fait érigée. La première borne est à 2 Kms à l'ouest de Beaucaire, dans le Gard, sur un site en cours de réaménagement. Partant de là, vous pouvez suivre le sentier existant encore qui vous mène à d'autres bornes, la plupart encore en état, et ce jusqu'au Perthus.


Le Problème de la mesure

Une remarque amusante sur la Via Domitia : Successivement 4 empereurs ont étalonnés la route, chacun érigeant une borne milliaire là où il estimait un 1000 pieds passés, mesure évidement légèrement différente de celle qui a été mesurée par son prédécesseur. Petit à petit, l'écart entre chaque étalonnage se creuse si bien qu'au point de départ (Beaucaire), l Via Domitia comprend 4 bornes, mais que celles-ci s'éloignent les une des autres rapidement. Ainsi si vous trouvez une borne quelque part dans les Albères, il vous faudra lire le nom de l'empereur gravé dessus pour savoir à quelle mesure elle correspond... et connaître ainsi sa date de pose !

La plus célèbre des bornes dans le Roussillon est probablement celle qui est conservé dans l'église de Saint Hippolyte. Mesurant 1m 05 et de 42 cm de diamètre, elle porte l’inscription suivante : Flavio Valerio Constantino noblissimo Caesari… (A Flavius Valérius Canstantin très noble César…), ce qui nous permet de définir l’age de St Hippolyte : aux alentours de 330, règne de Constantin le Grand.


La Construction

La voie elle-même était une route non pavée (hormis lors de la traversée des agglomérations, et peut-être aux carrefours importants) dont les joints ont été faits à la longue par l'usure naturelle des pierres. Pour franchir les cours d'eau des ouvrages d'art on dû être construit, mais je n'ai pas d'exemple pour l'instant. En Roussillon, le franchissement de la Têt à probablement été résolu par un passage à gué au niveau de Ruscino (Actuellement entre Bompas et Château-Roussillon, à l'emplacement d'un gué routier). Le niveau de l'eau a toujours été assez faible sur cette portion. Quand à l'Agly et le Tech, ces rivières étaient infranchissables en l'état, les courants étant plus forts.

Aucun ouvrage d'art n'a pourtant été construit, il faut donc supposer que les voyageurs franchissaient le cours d'eau à bord d'embarcations. A moins que l'on découvre dans le futur des ponts datant de cette époque, ce qui n'est pas impossible, l'archéologie nous offrant de nouvelles découvertes très régulièrement.


L'Entretien

L'entretien de la Via Domitia a toujours été rigoureux. Il faut dire qu'il s'agissait du seul moyen de communication de l'Espagne à Rome, aussi était-il normal de lui consacrer toutes les attentions. Les restes de cette voie que l'on trouve encore de nos jours prouvent les soins qui lui ont été accordé. En Roussillon, on peut toujours en voir des portions entre Torreilles et Bompas par exemple, près d'un petit pont beaucoup plus récent, mais aussi au Nord du château de Salses sur les terrains dégagés. Des bornes milliaires se trouvent également plantées au milieu des Albères, la plus célèbre est conservées dans l'église de Saint Hippolyte.


Les autres voies du département

La Via Domitia n'était pas la seule voie romaine importante de la région. Pour passer en Cerdagne, ceux ci avaient créé une deuxième voie, qui poursuivait à travers les Pyrénées en direction d'Urgel puis vers le centre de l'Espagne : La Via Confluentana, qui se transformait en Via Cerdana sur le plateau cerdan.

Voici une carte des différentes voies qui existaient à cette époque en Roussillon.

Voies romaines des Pyrénées-Orientales

Légende :

  • Portus Vénéris : Port-Vendres
  • Illibéris : Elne
  • Aquae Calida : Amélie les Bains
  • Custoja : Coustouges
  • Clusa : Les Cluses

Photos


Voir toutes les photos

Photos




Copyright 2013 - 2019 - Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur. Ce site Internet est un site privé, non officiel, issu du travail de compilation des oeuvres de différents auteurs. Sauf mention contraire, les photos sont la propriété du webmaster. Toute utilisation des textes, photos ou autres éléments de ce site internet sont interdits sans accord du webmaster. Pour le contacter, utilisez le lien sur la page crédits. Sources documentaires : cliquez ici. Autres sites Internet du même auteur dans d'autres domaines : Marguerite Duras, Merveilles du monde, Patrimoine rural du 66.